Un projet pluraliste
Un projet qui s’est précisé
L’engagement dans une organisation pluraliste est dû, pour la plupart, à une intuition de départ : la perception, plus ou moins confuse, qu’en collaborant avec d’autres, venant d’horizons différents, un travail d’aide plus efficace et plus approprié pourra se réaliser ; on pense également que loin de s’appauvrir, on sera soi-même bénéficiaire de cette confrontation permanente. Diverses formations (conseil conjugal ou autres) contribueront à préciser cette option de base en faisant mieux percevoir, de manière souvent assez décapante, l’étroite connexion entre une connaissance et une acceptation plus réaliste de soi et le véritable accueil d’autrui.
Mais, c’est sur le terrain, dans le concret, que se découvrent l’importance et la valeur d’un travail fait d’un apport et d’une confrontation permanente des différences. Là, les intuitions de départ et les bonnes intentions sont confrontées à la réalité des demandes d’aide multiples et variées, qu’il faut gérer dans le quotidien.
Cet apport permanent des différences, dans nos Centres pluralistes, se fait d’une part grâce à la collaboration des représentants des plusieurs disciplines et d’autres part grâce à la variété des personnes, ayant chacune son identité propre, qu’une collaboration constante ne vient nullement estomper.
Ces années d’expériences ont mis de plus en plus en évidence le besoin accru de tels lieux d’accueil, de parole, d’accompagnement, dans un univers où les structures institutionnelles n’apportent plus l’encadrement de jadis et où chacun doit davantage assumer son propre cheminement, avec ses imprévus et ses difficultés.
Les valeurs qui sous-tendent notre action pluraliste
Une telle réalisation requiert un certain nombre de conditions qui constituent, en quelque sorte, l’éthique sous-jacente au travail d’aide des Centres pluralistes de planning familial.
- Un accueil et une écoute inconditionnels, marqués de non-jugement et de respect entier de l’échelle de valeurs des consultants.
- La sécurité d’une totale discrétion, indispensable à une prise de parole libératrice.
- La conviction, étayée par l’expérience du travail d’aide, que chaque personne, quel que soit le poids de ses difficultés, porte en elle la capacité foncière, parfois à travers un lent accompagnement, d’assumer le problème qui est le sien et d’élaborer des réponses personnelles constructives. Conviction qui ne voile pas l’attention aux limites actuelles de chacun dans sa prise de responsabilité ; mais qui veille toujours à susciter un surcroît d’autonomie, si minime soit-il.
L’accompagnement ne peut être constructif que dans la reconnaissance des limites présentes (dues à la personnalité de chacun, ainsi qu’aux conditions matérielles et socioculturelles), mais aussi, si cachées soient-elles, des possibilités fondamentales de liberté responsable, qui constituent le joyau de la personne humaine.
- Pour les travailleurs des Centres, la confrontation permanente de personnes, de disciplines et de conceptions philosophiques diverses, dans le travail concret et à travers les nombreuses interrogations que posent tant de problèmes actuels, constituent un terrain particulièrement favorable au dépassement de ses propres rigidités et blocages, qui enrayent l’attention véritable au consultant, quelles que soient les bonnes intentions.
Travailler dans le pluralisme…
Travailler dans le pluralisme n’implique pas l’abandon ou la mise en veilleuse de ses propres convictions. La confrontation permet au contraire de dépasser des certitudes ou des évidences insuffisamment intégrées de manière personnelle, et amène peu à peu à approfondir et nuancer ses options fondamentales.
Travailler dans le pluralisme, c’est découvrir l’autre avec son langage, ses références, sa démarche intérieure. C’est aussi une chance de mieux l’accepter dans ce qu’il est fondamentalement. C’est dépasser progressivement la méfiance, les préjugés, la rivalité.

La FCPPF asbl est une association d'éducation permanente